In BHIKKHU ANĀLAYO, Satipaṭṭhāna, Traduction Bhikkhu Cittaguṇo, Éditions Almora, 2025
“Voici, moines, en ce qui concerne le corps, un moine demeure en contemplant le corps, assidu, connaissant clairement, et attentif, libre des désirs et du mécontentement en ce qui concerne le monde.”
BOUDDHA, Satipaṭṭhāna Sutta
Ni s’attacher, ni rejeter
Ainsi ai-je entendu. Un jour, le Bienheureux vivait au pays des Kurus dans une ville appelée Kammāsadhamma. Il y interpella les moines ainsi : « Moines ». « Vénérable », répondirent-ils. Le Bienheureux dit ceci :
« Moines, voici le chemin direct pour la purification des êtres, pour le dépassement de la tristesse et des lamentations, pour la disparition de dukkha (la souffrance) et du mécontentement, pour acquérir la vraie méthode, pour la réalisation du Nibbāna (la libération), à savoir les quatre satipaṭṭhānas (objets d’établissement de l’attention).
« Quels sont les quatre satipaṭṭhānas ? Voici, moines, en ce qui concerne le corps, un moine demeure en contemplant le corps, assidu, connaissant clairement, et attentif, libre des désirs et du mécontentement en ce qui concerne le monde. En ce qui concerne les ressentis, il demeure en contemplant les ressentis, assidu, connaissant clairement, et attentif, libre des désirs et du mécontentement en ce qui concerne le monde. En ce qui concerne l’esprit, il demeure en contemplant l’esprit, assidu, connaissant clairement, et attentif, libre des désirs et du mécontentement en ce qui concerne le monde. En ce qui concerne les dhammas (objets mentaux), il demeure en contemplant les dhammas, assidu, connaissant clairement, et attentif, libre des désirs et du mécontentement en ce qui concerne le monde. »
BOUDDHA, Satipaṭṭhāna Sutta (v. – 100) (pp. 13-14)
Établir l’attention dans la respiration
« Et comment, moines, en ce qui concerne le corps, demeure-t-il en contemplant le corps ? Voici, s’étant rendu en forêt, ou au pied d’un arbre, ou dans une cabane vide, il s’assoit ; ayant plié et croisé les jambes, redressé son corps, et établi l’attention devant lui, attentif il inspire, attentif il expire.
« Lorsqu’il inspire longuement, il sait « J’inspire longuement », lorsqu’il expire longuement, il sait « J’expire longuement ». Lorsqu’il inspire brièvement, il sait « J’inspire brièvement », lorsqu’il expire brièvement, il sait « J’expire brièvement ». Il s’entraîne ainsi : « Je vais inspirer en ressentant l’ensemble du corps », il s’entraîne ainsi : « Je vais expirer en ressentant l’ensemble du corps ». Il s’entraîne ainsi : « Je vais inspirer en calmant la formation corporelle. » Il s’entraîne ainsi : « Je vais expirer en calmant la formation corporelle. » (…)
« De cette façon, en ce qui concerne le corps, il demeure en contemplant le corps intérieurement, ou il demeure en contemplant le corps extérieurement, ou il demeure en contemplant le corps à la fois intérieurement et extérieurement. Ou alors, il demeure en contemplant la nature d’apparaître dans le corps, ou il demeure en contemplant la nature de cesser dans le corps, ou il demeure en contemplant la nature d’à la fois apparaître et cesser dans le corps. Ou alors, la conscience de « il y a un corps » est établie en lui au degré nécessaire pour permettre la simple connaissance et l’attention continue. Et il demeure indépendant, ne s’attachant à rien dans le monde.
« C’est ainsi, en ce qui concerne le corps, qu’il demeure en contemplant le corps. »
BOUDDHA, Satipaṭṭhāna Sutta (v. – 100) (pp. 14-15)
Les quatre postures de méditation
« Et encore, moines, lorsqu’il marche, il sait « je marche » ; lorsqu’il est debout, il sait « je suis debout » ; lorsqu’il est assis, il sait « je suis assis » ; lorsqu’il est allongé, il sait « je suis allongé » ; ou quelle que soit la façon dont son corps est disposé, il le sait. »
BOUDDHA, Satipaṭṭhāna Sutta (v. – 100) (p. 15)
L’impermanence des ressentis
« Et comment, moines, en ce qui concerne les ressentis, demeure-t-il en contemplant les ressentis ?
« Voici, lorsqu’il éprouve un ressenti agréable, il sait « j’éprouve un ressenti agréable » ; lorsqu’il éprouve un ressenti désagréable, il sait « j’éprouve un ressenti désagréable » ; lorsqu’il éprouve un ressenti neutre, il sait « j’éprouve un ressenti neutre ».
« Lorsqu’il éprouve un ressenti mondain agréable, il sait « j’éprouve un ressenti mondain agréable » ; lorsqu’il éprouve un ressenti mondain désagréable, il sait « j’éprouve un ressenti mondain désagréable » ; lorsqu’il éprouve un ressenti mondain neutre, il sait « j’éprouve un ressenti mondain neutre » ; lorsqu’il éprouve un ressenti spirituel agréable, il sait « j’éprouve un ressenti spirituel agréable » ; lorsqu’il éprouve un ressenti spirituel désagréable, il sait « j’éprouve un ressenti spirituel désagréable » ; lorsqu’il éprouve un ressenti spirituel neutre, il sait « j’éprouve un ressenti spirituel neutre ».
« De cette façon, en ce qui concerne les ressentis, il demeure en contemplant les ressentis intérieurement, ou il demeure en contemplant les ressentis extérieurement, ou il demeure en contemplant les ressentis à la fois intérieurement et extérieurement. Ou alors, il demeure en contemplant la nature d’apparaître dans les ressentis, ou il demeure en contemplant la nature de cesser dans les ressentis, ou il demeure en contemplant la nature d’à la fois apparaître et cesser dans les ressentis. Ou alors, la conscience de « il y a ressenti » est établie en lui au degré nécessaire pour permettre la simple connaissance et l’attention continue. Et il demeure indépendant, ne s’attachant à rien dans le monde.
« C’est ainsi, en ce qui concerne les ressentis, qu’il demeure en contemplant les ressentis. »
BOUDDHA,Satipaṭṭhāna Sutta (v. – 100) (pp. 18-19)
